interreligieux
L'Islam suite logique de l'Arianisme et donc continuation du christianisme?
J'ai eu l'occasion de tomber sur une vidéo YouTube assez sidérante qui qualifiait l'arianisme de mouvement annonçant l'islam. Euh, excusez-moi, mais ceux qui lient arianisme et islam soit ont lu le Coran mais pas la Bible (les Évangiles à tout le moins), soit ont lu la Bible mais pas le Coran. Car c'est un non-sens absolu.
Arius s'oppose non pas au Christianisme Primitif, dont la doctrine est confessée par la Profession de Foi d'Antioche (le Credo Symbole des Apôtres encore récité de nos jours) qui date de l'an 250 environ; mais s'oppose au Concile de Nicée-Constantinople, et au Credo du même nom, dirigé par le premier "Pape" à proprement parler de l'Église (Ecclésia, Communauté ou Assemblée des chrétiens): Constantin Ier.
C'est-à-dire que Arius reconnaît que Jésus, le Messie, comme prophétisé entre 800 et 500 ans (8 à 5 siècles) avant la naissance de celui-ci notamment par Ésaïe (Isaïe), à souffert et a été crucifié sous Ponce Pilate. Ce que nie farouchement le Coran qui va même jusqu'à déclarer que «ils ont cru le tuer mais ils avaient à faire avec son sosie».
Mais il est vrai que sur les notions de Trinité, Arius et l'Islam se rejoignent, mais l'Islam sans les argumentations d'Arius. C'est important à noter car Arius reconnaît tout de même l'unique baptême chrétien effectué, à la demande expresse de Jésus-Christ lui-même, «au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit». Marquant un double mouvement: d'une part le lien entre les trois et d'autre part la distinction à faire entre les trois.
Là où le Coran rejette d'un bloc, Arius tempère et ne se pose pas dans une attitude binaire typique d'Aristote, mais dans un "degrés de lumières différentes".
Certes, si je reconnais que le Coran complète le christianisme, il ne le continue néanmoins pas du tout et au contraire constitue une morale religieuse qui en revient aux fondamentaux du judaïsme; comme si le Christ n'avait jamais vécu!
Car citer des éléments de vie de Jésus, c'est bien, mais heureusement les Évangiles ne sont pas que cela; ils sont aussi l'enseignement messianique de Jésus!
Parmi les grandes différences, on peut noter la Notion du Pardon Divin et ce qu'il implique pour moi vis-à-vis des autres. On pourra le lire dans la Sourate "La Lumière", le Pardon de Dieu envers ses créatures est, tout comme dans le christianisme, immense, infini, sans mesure, presque folie. N'était Dieu nous serions tous comptés parmi les injustes! C'est ce qu'affirment à la fois Jésus et Muhammad.
Mais pour le musulman cela n'implique rien d'autre que de recevoir ce pardon et d'être fier d'en être ainsi justifié. Alors que dans le christianisme, puisque j'ai reçu un aussi grand pardon de la part de Dieu, je dois moi aussi pardonner les autres; avoir pitié d'eux. Ce que nie le Coran dans la même Sourate, dès son premier verset, à propos des femmes infidèles qu'il faut lapider sans que la pitié nous prenne.
Un enseignement à des années-lumières du Messie Jésus, qui face à la femme adultère dans la synagogue dit: «que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. À ces mots tous s'en allèrent, à commencer par les plus vieux»!
Je dirais il ne faut pas avoir peur de se sentir minoritaire au sein de sa propre religion au point d'en adopter une autre! D'autant que sur ce qui est de Jésus=Dieu, je l'ai déjà dit, 60% des catholiques français participant à l'eucharistie n'y croient pas mais la structure très hiérarchique de l'Église-Institution fait qu'ils sont inaudibles...
Des Vérités partagées
Sur une vidéo à propos de la lecture utile du Coran pour un chrétien surtout Protestant donc pratiquant le Libre Examen (dans "Libre Examen" il y a certes "Libre" mais il y a aussi "Examen" et un examen implique la lecture du texte pour forger son idée) quelqu'un a laissé ce commentaire:
«Oui mais si les enseignement de Mohammed et de Jésus sont différents laquelle vas tu suivre ?L'homme ne peut pas suivre deux maîtres ou il aimeras l' un et haïra l'autre . Autrement merci de parlé de religion et de spiritualité et de Dieu .»
Je dirais ne nous voulons pas plus catholiques que le Pape. J'ai déjà parlé ici du Congrès d'Assise de 1986 où le Pape Jean-Paul II déclarait je cite «il y a des vérités dans chaque religion»; sachant par ailleurs qu'il ne parlait pas que des religions abrahamiques mais aussi des animistes et amérindiens, de l’hindouisme et du bouddhisme (jugés comme "associateurs" par l'Islam).
C'est-à-dire que bien que chrétien rien ne m'empêche de reconnaître qu'il y a des choses intéressantes à prendre et apprendre des autres religions. Ainsi je tire des enseignements sûrs du Saktisme ou Çaktisme (à ne pas confondre avec Shaktisme, culte de la déesse Kali), du Rastafarisme, du Taoïsme (qui n'est pas une religion mais une philosophie basée sur un fond religieux bouddhiste) et donc de l'Islam.
Comme l'écrit Paul dans une de ses Épîtres: «respectez les prophètes» (et il parle de ceux de hier comme de ceux à venir). Ainsi l'enseignement de Moïse est juste bien que les Lois qu'il reçoit de Dieu sont différentes des Lois imposées par Jésus. Pourtant je ne saurais comprendre l'enseignement de Jésus sans celui de Moïse!
Dans cette phrase sur «quel Maître suivre» qui se trouve dans les Évangiles il n'est pas question que le Maître soit un Prophète ou le Messie (Moïse ou Jésus, Jésus ou Muhammad) mais bien le Dieu Unique, Créateur de l'Univers Visible et Invisible, mis en opposition à Mammon, le dieu de l'argent et des richesses matérielles d'ici-bas.
Par ailleurs Muhammad récite la Révélation suivante dès la seconde Sourate ("La Vache") au verset 62: «Car ceux qui ont cru, ceux qui sont revenus vers le judaïsme, les chrétiens, les sabéens, tout être ayant cru en Dieu et au Jour Dernier et qui font le bien, tous auront une récompense auprès de Dieu. Pas de raison pour eux d'éprouver de la crainte ou de la tristesse.»!
Je crois que c'est clair: ce verset implique si je l'applique que la Conversion n'est pas le but ultime du message coranique. Du moins la conversion au corpus entier du Coran, tout ce qui nous est demandé étant d'être «soumis (musulmans) au Dieu Unique et de ne rien lui associer».
Mais je comprends que beaucoup de fidèles chrétiens de par le fait même de ne pas connaître la Bible aient peurs d'aborder la lecture du Coran.
En fait Dieu révèle à chaque Peuple et à chaque époque ce qu'il faut aux Civilisations de cet endroit et de ce moment. Comme l'indique la Sourate V ("La Table Servie") au verset 48: «[...] À chacun, Nous avons octroyé une législation et un plan à suivre. Car, si Allah l'avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté. [...]».
Et ferais-je la somme de tous les textes religieux que je ne connaîtrais pas pour autant tout ce que Dieu connaît...
L'Islam peut-il être considéré comme une continuation du Christianisme?
Plus d'explications sur mes rapports avec l'Islam après la fenêtre vidéo. Ainsi qu'une conclusion sur différence entre "compléter" et "continuer".
L'Islam aime de plus en plus à se présenter comme une espèce de "réforme" primitive (avant le protestantisme donc) du christianisme, sa continuation. Mais quelles sont les différences fondamentales entre le message libérateur du Messie, du christianisme donc, et la religion musulmane? De même par cette réflexion on trouve plus de points communs entre religion chrétienne et religion Rastafari...
Alors cela dit, ce n'est pas parce que je suis conscient des différences énormes entre message coranique et message biblique que je rejette la religion musulmane. Partant du principe que c'est parce que je sais que l'autre est différent de moi que je m'intéresse à lui, au contraire je poursuis la démarche de Thomas d'Aquin qui est de m'intéresser à une lecture et une écoute à la fois d'une part du Coran et d'autre part des cultures arabes et perses (car arabe ou perse ne signifie pas musulman, notons-le bien).
Ainsi, oui, il m'arrive de lire le Coran et cela m'apporte des choses et une vision des choses qui manquent au christianisme (not. la Sourate "Les Djinns"), tout comme je lis assez souvent le Tao Te King de Lao-tseu en ce moment (livre de philosophie basée sur la religion bouddhiste, mais non livre religieux en soi).
Ainsi il m'arrive (moins maintenant mais assez souvent avant ces vacances d'été 2023) d'écouter la radio AraBel; tant les titres en français que ceux en langue "orientale" (comme ils disent eux-mêmes).
Ainsi il m'arrive de suivre l'émission "Islam" sur France 2 le dimanche matin.
S'il m'arrive de faire tout cela c'est parce que même si je sais l'autre différent, pour moi la différence ne représente pas un problème mais une richesse. Comme déjà dit ici je crois, mon idéal n'est certainement pas l'uniformisation par une espèce de mélange syncrétique mondial... ni par l'élimination des uns par les autres!
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Compléter mais non continuer:
On peut dire que le Coran complète le christianisme. D'abord dans sa Mission. En effet, les chrétiens installés dans cette partie de l'Arabie Saoudite ont disposés d'au moins cinq siècles (500 ans, un demi-millénaire) pour évangéliser les populations païennes qui y vivaient, et ne l'ont pas fait. Si j'ajoute à cet élément du manque d'évangélisation le fait que les habitants de cette contrée réduite de l'Arabie Saoudite sont réputés être les descendants d'Ismaël, et que Ismaël a reçu une Alliance avec Dieu pour lui-même et sa descendance (comme l'indique la Bible Hébraïque elle-même) au même titre qu'Isaac, alors cela non-seulement corrobore mais implique en plus la nécessité que Dieu y suscite un Prophète (au sens paulinien du terme): Muhammad le fut donc.
Le Coran complète ensuite et le judaïsme et le christianisme par ses apports propres, mais cela est général à tout texte culturel comme on le verra avec l'Andalousie dite musulmane (philosophie grecque, romaine, textes non-religieux perses et arabes, textes issus du bouddhisme et de l'hindouisme).
Néanmoins l'Islam ne continue pas la Bible Chrétienne, ni donc le christianisme. Car ses enseignements, d'abord au sujet de Jésus, ensuite moraux sont totalement incompatibles avec le Christianisme et ce que justement le Messie était venu corriger; corrections par rapport auxquelles le Coran revient en arrière.
Concernant Jésus d'abord. Si, certes, Jésus est effectivement qualifié de "Messie" par le Prophète, ce dernier nie les prophéties juives datant de huit à cinq siècles (800 à 500 années) avant la naissance de Jésus sur le sort réservé au Messie par les peuples de son époque. Isaïe le premier raconte comment Jésus-Christ sera condamné et mis à mort aux côtés des brigands, des voleurs, des menteurs, sans qu'il se défende et ressuscitera trois jours plus tard.
Or Muhammad nie fermement et avec insistance la mise à mort et la crucifixion de Jésus; niant du même coup sa résurrection. Mais néanmoins admet l'événement de l'Ascension. On pourrait penser qu'alors le Coran s'invalide de lui-même. Il ne fait que s'invalider en tant que continuation du christianisme. Car pour ce qui est d'apporter la croyance au Dieu Unique à un Peuple païen n'ayant pas été évangélisé, il rempli parfaitement sa mission.
Mais, après tout, la vie de Jésus n'est que bien peu de chose en soi par rapport à son enseignement. L'enseignement de Jésus est lui aussi non-suivi par le Prophète. Le «désormais il n'y a plus ni Juifs ni Païens, ni Hommes ni Femmes [au sens de différence de devoirs et de droits], ni Maîtres ni Esclaves» est clairement laissé tombé.
Ensuite la notion d'adultère. Selon Jésus, et le judaïsme qui l'a précédé, il y a adultère dès que l'on entretient liaison avec plus d'une seule femme.
Bon, il suffit de reprendre le Sermon sur la Colline (ou "Montagne"), des chapitres 5 à 7 inclus de l'Évangile selon Matthieu et on s'apperçoit que c'est tout le christianisme qui est nié d'un bloc.
Donc si, oui, l'Islam complète le Christianisme au moins dans sa Mission, il ne le continue pas dans son enseignement.
Ce qu'apporte le Protestantisme et limites de l’œcuménisme.
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Le protestantisme n'est pas seulement une réaction contre la "vente de tickets d'entrées au Paradis", les "indulgences", par l'Église Catholique Romaine, et ce n'était heureusement pas la seule chose pour laquelle il était utile.
Le Protestantisme historique, s'il est certes daté du moment où Luther brûle la bulle d'excommunication qui le condamne et donc nie la supériorité du Pape sur l'ensemble de la Communauté Chrétienne (Ecclesia, Église), commence en fait conjointement avec les apports philosophiques d'Érasme et le Libre Examen.
Le Protestantisme introduit ainsi de facto la liberté religieuse. C'est-à-dire la liberté de choisir sa religion mais aussi de n'en choisir soit aucune en particulier soit aucune du tout. C'est-à-dire que, sans protestantisme, pas de laïcité dans le sens très anglo-saxon et scandinave d'acceptation de toutes les religions et facilitation de leur expression et manifestation jusque dans la vie civile. Un sens différent qu'en pays anciennement catholiques donc où il s'agit là plus d'une négation du fait religieux, de son nécessaire effacement devant l'athéisme d'État.
Par ailleurs, autre apport du protestantisme, la séparation des Sciences et de l'Église. Chose que sera bien, suite à la Renaissance, forcée d'acter à son tour l'Église Catholique Romaine. Ainsi si Galilée fut condamné par l'Inquisition, à peine 50 années plus tard on lui donnait raison (mais sans pour autant le réhabiliter, annuler sa condamnation) et cela engendrera l'un des premiers apports majeurs de l'Église Catholique Romaine à la modernité: le Calendrier Grégorien.
Et, justement, parlant d'Inquisition, si le pouvoir et l'emprise de l'Inquisition ont été ébranlés au point que celle-ci soit "mise en sommeil" (mais non "supprimée") dans la fameuse Congrégation pour la Sauvegarde de la Doctrine de la Foi; c'est bien grâce au relativisme religieux introduit par le protestantisme.
On devine donc mieux les limites, et les dangers, de l'oecuménisme. S'il s'agit d'un dialogue de rencontre et d'échange d'expériences, pouvant aller jusqu'à communier ensemble, certes c'est très intéressant et très positif. C'est d'ailleurs souvent sous cette acceptation que Protestants et Orthodoxes entendent le terme d'œcuménisme. Mais il ne faut pas être aveugle au souhait clairement et non caché exprimé publiquement par l'Église Catholique Romaine de pratiquer un œcuménisme entendu comme «réintégration de toutes les églises éparses dans le giron et l'autorité de l'Église Catholique Romaine».
Avec, comme dangers immédiats, la perte de tous les acquis du protestantisme pour nos sociétés évoqués ci-dessus, et qui plus est une réanimation de la Sainte Inquisition!
Fêter Halloween, incompatible avec le christianisme?
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Ces dernières années l'Église Catholique Romaine semble être partie en "croisade" contre la fête de Halloween, même ses Prêtres les plus Rock'n'Roll (Guy Gilbert qui pourtant a une connaissance de par son travail d'éducateur et de Prêtre des Loubards du monde réel). C'est du coup devenu une lutte à la mode également dans le monde protestant.
Pourtant le judaïsme ne se joint pas à cette lutte, et même on a pu en entendre parler sur Radio Judaïca ici à Bruxelles.
Mais est-ce vraiment aussi anti-monothéiste et incompatible en cette période de Toussaint et de Jour des Fidèles Défunts avec le christianisme que de fêter Halloween? S'entend de nos jours et avec la forme que cela prend de nos jours?
Il s'agit certes d'une fête d'origine celtique, païenne donc. Mais soyons clairs, de nos jours cette fête ne ressemble plus en rien ni dans ses manifestations ni dans ses rites à la fête celte qui en est à l'origine. Bon, peut-être que dans quelques villages éloignés de la civilisation quelques néo-druides entraînent dans une ronde mortifère des adeptes certains de suivre là le rite tel qu'il l'était il y a 3000 ans d'ici. Mais soyons clairs, ce dernier cas ne représenterait que le cirque d'un gourou.
Donc cette fête de Halloween n'a plus rien de celtique, donc de païenne. Et je dirais même que avec son habitude de se moquer de la mort elle en devient carrément chrétienne! En effet, Jésus-Christ triomphe de la mort et nous enseigne ceci: «ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps mais craignez ceux qui peuvent tuer l'âme».
J'en viens à dire donc que oui, fêter Halloween n'est en rien en soi incompatible avec le christianisme, et que ledit christianisme peut s'il le désire donner y un sens nouveau!
«Allô win?»
Tao Te King de Lao-tseu et sous-entendus implicites
Le "Livre de la Voie et de la Vertu" (Tao Te King) de Lao-tseu me semble être un apport important à la philosophie non-seulement chinoise ou asiatique mais aussi mondiale au même titre que les auteurs grecs repris par l'Humanisme contemporain. On pourra trouver dans cette oeuvre de quoi nourrir les réflexions de nombre de monothéistes abrahamiques (tant juifs que chrétiens que musulmans). Surtout à l'aide de la traduction et annotations de Marcel Conche, l'une des plus sérieuse et complète trouvée avec celle que je recommande par-dessus tout en second, l'originale de 1913 qui ne cède pas à la vision Occidentale du taoïsme chinois mais reste dans sa vision originelle Orientale; c'est-à-dire ne transforme pas la notion de "Principe" en une vision Naturaliste occidentalisée et à la mode. Le Principe est avant-tout un Mécanisme, tout en provient et tout y est soumis y compris la Nature qui n'a pas de prépondérance sur le mécanisme qu'est le Principe... Seconde traduction et annotations à préférer à celle de Marcel Conche donc car plus lisible et plus correcte dans sa philosophie.
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Tao Te king: Traduit et commenté par Marcel Conche (Perspectives critiques)
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Tao Te King: édition originale
Ouvrage classique chinois qui, selon la tradition, fut écrit autour de 600 av. J.-C. par Lao Tseu, le sage fondateur du taoïsme.Ces quelque cinq mille caractères chinois ont donné lieu à ...
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Édition à privilégier
Néanmoins les annotations, comme dans toutes les versions trouvées par ailleurs, ne tiennent pas compte de la mise en contextualisation nécessaire. Car il faut savoir à qui et dans quelle perspective s'adresse Lao-tseu. Si le bouddhisme chinois intègre indifféremment le confucianisme et le taoïsme; il convient de savoir que Lao-tseu n'a absolument pas ni le même public ni les mêmes buts que Confucius.
Confucius, qui vécu avant Lao-tseu, adresse des leçons aux classes dirigeantes, aux gouverneurs, à la Dynastie pour que ceux-ci les mettent en pratique dans une action dans l'agir concret. Car, pour Confucius, le Prince (ou le Roi) doit être un Philosophe (un Sage). Pour Lao-tseu, au contraire, il estime que «si le Roi était un Sage ou un Philosophe, le gouvernement ne saurait être qu'une dictature», entre-autres car n'ayant plus besoin de personne envers qui prendre conseil (donc s'auto-contredire).
Lao-tseu n'a pas comme public les gouverneurs, mais le peuple lettré. Il estime la Dynastie de sa région en pleine décadence et donc quitte son poste d'archiviste et scribe de ladite dynastie et quitte le territoire. Or, en tant que dissident, déjà à l'époque, il risque sa vie. Il ne peut donc se permettre de critiquer ouvertement le mode de gouvernance publiquement ni par écrit ni oralement.
C'est sous ce contexte qu'il convient il me semble d'interpréter ses multiples versets et chapitres dans le Tao Te King concernant le Sage qui gouverne. Car n'oublions pas: Lao-tseu est strictement opposé à ce que le gouvernant soit un philosophe ou un sage.
D'où la question que nous devons nous poser: lorsqu'il écrit que «le Sage remplit le ventre du Peuple et non son cerveau», est-ce une caricature pour illustrer sa pensée ou est-ce une adhésion réelle à telle pensée?
Il me semble que connaissant la contextualisation, contrairement à la majorité des traducteurs y compris Marcel Conche, je suis poussé à penser que c'est une caricature créée pour dénoncer le mythe du Roi-philosophe et enseigner le peuple sur comment on le mène par le bout de son ignorance...
De plus cela peut s'argumenter par le contenu du Tao Te King lui-même: dès le Chapitre 2 il est clairement indiqué que le Sage n'a pas vocation à gouverner.
La Passion ou l'expérience d'être rejeté par ceux qu'on aime
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Ce Vendredi 15 Avril 2022, toutes les Églises Chrétiennes commémorent La Passion du Christ, la crucifixion de Jésus, sa mise à mort après un procès biaisé et préparé de longue date (dès le début de son Ministère, de sa Mission de Messie envoyé par Dieu pour nous sauver).
Dans cette dernière phrase mise entre parenthèse se trouve une signification ultime et universelle de la crucifixion.
Jésus a été classé au rang de renégat, de traître, de coupable, de contre faiseur, de menteur, de bandit, et a été jugé et mis à mort par ceux-là même qu'il aimait! Peut-on imaginer ce que cela fait d'être rejeté et tué par ceux-là même que l'on aime? Or, justement, cette expérience est universelle et principalement pour les pauvres.
En effet, «Dieu créa l'Humain à son image, il le créa Homme et Femme» comme écrit dans la Genèse; c'est-à-dire que l'homme se cherche tout naturellement un complément féminin, est attiré par la femme. Or, depuis la Révolution Industrielle (Française même puisque c'est elle qui l'a initiée), il existe un poor-men-bashing de la part des femmes, une tendance instituée par l'enseignement, les médias, la culture, au darwinisme social rabaissant l'homme pauvre au rang d'en quelque sorte "intouchable hindou".
Un homme pauvre, sans avenir et même pas artiste de rue les poches pleines de drogues («bitch on the men with drugs, it's usual since the sixties»), peut de ce fait avoir ressenti cette expérience universelle du rejet et même parfois de la condamnation par celles-là même qu'il aime; à ce point universelle que le philosophe humaniste existentialiste Jean-Paul Sartre l'a abordé (au sujet du poor-men-bashing) dans un livre, une pièce de théâtre en fait, intitulé "La Putain Respectueuse".
Pour ma part c'est du vécu. Mais il faut bien savoir que dans mon cas je l'ai bien cherché: j'ai rejeté le Dieu d'Abraham, Créateur de l'Univers Visible et Invisible, bien avant de connaître le rejet de la part des femmes.
De par cette expérience du rejet féminin, je ne peux qu'imaginer ce que Jésus-Christ a pu ressentir en étant rejeté et en subissant le coup monté contre lui permettant à ceux-là même qu'il aimait de le crucifier.
De cette leçon on en imagine tout autant ce que Dieu lui-même doit ressentir lorsqu'il est rejeté par l'une de ses créatures, en premier Iblis (l'Ange Déchu ou Satan), ensuite l'Humain. Mais comme l'explique le Livre de la Sagesse de Salomon (pas présent dans la Bible Protestante), Dieu aime toutes ses Créatures sinon il ne les aurait pas créées et appelle chacune d'elle à revenir à lui sans relâche.
Dieu attend de nous une réponse d'Amour, parce qu'il nous aime, telle est il me semble la leçon de cette Passion du Christ...
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