interreligieux
Foi et Raison, une critique du point de départ de Saint Thomas d'Aquin
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Alors tout d'abord il faut reconnaître les mérites de la démarche de Thomas d'Aquin: séparer la philosophie proprement dite et la théologie proprement dite. Il établit que la philosophie observe la Nature et ses manifestations et peut alors en arriver à Dieu, mais à un Dieu forcément différent de tout dogme. Tandis que la théologie part du Dieu du dogme et par là tente d'expliquer la Nature et ses manifestations.
En ce sens il ne se trompe pas. Mais, continuant sur sa lancée, et reprenant les catégories d'Aristote, il en vient à décréter que la Foi serait supérieure à l'Opinion et quasiment du même ordre de certitude que la Science. Personnellement, et à tout individu réflectif de notre époque, cela semble choquant et l'est. Car de toute évidence la Foi en tant que telle n'est qu'une opinion buttée, qui ne veut être discutée.
C'est que Thomas d'Aquin part d'Aristote. Et l'on sait le tort qu'Aristote, qu'un Aristote que l'on ne cherche pas à dépasser, a causé: c'est partant de l'aristotélicisme (et non de la Bible) que Galilée fut condamné pour ses théories astronomiques. C'est que Aristote est binaire: pour lui, en Science, il ne saurait avoir que du totalement faux ou du totalement vrai.
S'il était possible d'être binaire dans l'Antiquité, la science moderne, actuelle, nous prouve que la Science est aussi Opinion car dans maints domaines plusieurs théories toutes prouvables mathématiquement et rationnellement et en accord avec les modèles de bases admis généralement peuvent coexister parallèlement. Donc en adopter une plutôt qu'une autre est un choix de l'ordre de l'opinion et qui peut se discuter; doit même accepter d'être discutée à l'aune de la rationalité.
En ce sens, la Foi doit être relativisée au même titre que la science. D'ailleurs c'est bien connu: il n'y a pas 6 grandes fois (hindouisme, bouddhisme, judaïsme, christianisme, islam, animisme ou associationnisme) mais bien 7 milliards de nuances de Fois: une par individu sur Terre. Chacun admet une chose et pas l'autre, entend par un mot ou un concept ceci plutôt que cela.
Contre Saint Thomas d'Aquin et contre le Cardinal Ratzinger (pape Benoît XVI), je viens donc d'argumenter que la Foi est soumise au relativisme et pour rester saine doit en être totalement consciente!
Un des apports de l'Islam au judéo-christianisme
J'écrivais dans un article précédent que la période de l'Andalousie Musulmane est un exemple de dialogue et surtout de travail (principalement théologique et philosophique) inter-religieux remarquable, et j'ajoute ici, dont le christianisme a beaucoup tiré.
En effet, sans ces deux siècles de l'Andalousie musulmane, il est fort certain que Saint Thomas d'Aquin n'aurait pu écrire les ouvrages qu'il a écrit au, si je me souviens bien, XIIIe Siècle.
Que peut nous apporter aujourd'hui le Coran, donc l'Islam? Eh bien je dirais qu'il continue l'oeuvre du christianisme et principalement des Évangiles. Que se passe-t-il de nouveau dans les évangiles du christianisme par rapport au judaïsme? Simplement que le Messie argumente. Il argumente sur l'Amour de Dieu pour l'Humanité, l'amour que nous nous devons les uns envers les autres, etc.
Pour ce qui est du reste, et c'est notamment sur ce point que j'aimerais ici m'étendre, s'il est admis par le judéo-christianisme qu'il n'y a qu'un seul Dieu, cela est une Loi, est donné textuellement dans le premier des Dix Commandements (Décalogue), et seulement une Loi. Alors que le Coran, l'Islam donc, argumente cette Loi!
L'argumentativité de la majorité des lois et règles religieuses est le propre du Coran.
Pour ce qui est de l'unicité de Dieu, l'argument est tiré de l'observation quotidienne de la nature et de ses manifestations. S'il y avait plusieurs dieux, de facto, l'Univers et les phénomènes naturels ne seraient pas stables; que l'un se fâche contre l'autre et l'eau ne réussirait plus à éteindre le feu mais au contraire prendrait feu elle-même!
On passe donc d'une Loi à laquelle on obéit aveuglément, sans oser la questionner, à une argumentation logique et saine pour nos temps de rationalisme.
Est-ce vraiment utile de se chercher le maximum de points communs théologiques?
Alors, quelqu'un sur l'une de mes vidéos (une vidéo non-religieuse par ailleurs) me demandait de bien vouloir en réaliser une sur les points communs entre christianisme et islam. J'ai envie de facto de répondre que s'il y a bien quelques points théologiques communs (et surtout avec l'arianisme et le protestantisme tant primitif qu'actuel), il y a surtout énormément de différences théologiques.
Mais avant d'aller plus loin, pourquoi ne pas se contenter de regarder les points communs entre chrétiens et musulmans plutôt qu'entre christianisme et islam?
Premièrement nous sommes humains donc frères, ensuite nous sommes monothéistes croyant en un Dieu Créateur de l'Univers Visible et Invisible, Dieu Unique et Identique pour tous les êtres humains.
Donc, en tant qu'humains et en tant que monothéistes nous sommes semblables malgré nos différences! Chercher à annihiler ces différences en cherchant une espèce de fusion universelle serait faire de la mauvaise globalisation d'effacement des richesses culturelles qui se trouvent dans lesdites différences.
Bon, pour plus de renseignements sur les points communs (rares) et les différences (nombreuses) vous pouvez toujours vous référer aux émissions religieuses du dimanche matin de 8h45 à midi sur France 2.
Le débat entre Constantin et Arius n'était-il pas inutile?
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Tous les lecteurs de ce blog le savent, jusqu'ici je faisais grand cas d'un des points de l'arianisme qui me semblait important: la nature "véritable" du Christ, homme ou dieu?
Ce n'est un point qui est devenu exacerbé et important aux yeux des Églises Catholiques Romaines et Protestantes qu'avec l'apparition de l'Islam qui admet Jésus comme Messie mais non comme Dieu. À notre époque de relance de la conversion mondiale tant par les protestants que par les catholiques romains (les orthodoxes étant beaucoup moins prosélytes) ce sujet revient sur le devant de la scène, cette fois non plus comme point de débat entre ariens et constantiniens mais entre chrétiens et musulmans.
Néanmoins ce débat millénaire initié par Arius a-t-il, à la lecture des Prophètes (qui sont tous reconnus par l'Islam d'ailleurs), une réelle utilité?
Si je lis le Prophète Ésaïe (ou Isaïe), en Es 9.5 on peut lire: Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on l'appellera Admirable-Conseiller, Dieu Tout-Puissant, Père éternel, Prince de la Paix.
Donc, puisqu'il a été prophétisé grosso-modo un millénaire avant Constantin que Jésus-Christ serait appelé «Dieu», aller contre ce fait serait aller contre la prophétie et tout débat à ce sujet est clairement inutile sauf pour cadrer certains concepts.
Cadrer par exemple le concept de «Marie mère de Dieu», un concept qui cette-fois divise catholiques romains et protestants; et non sans raisons. Car qui peut se dire "mère d'un dieu" sinon une déesse? D'où la dérive vers une Marie-Déesse déjà évoquée ici.
Sur ce sujet on se reportera aux catéchismes chrétiens qui veulent que Jésus-Christ (Messie) soit «à la fois Vrai Homme et Vrai Dieu». S'il est "Vrai Homme" c'est bien pour être né de la Vierge Marie. Donc Marie est «mère du Christ»; et s'il est "Vrai Dieu" c'est bien non pas par nature génétique ou biologique (ce que ne comprennent pas toujours les musulmans lorsqu'on parle de "Fils de Dieu") mais bien pour avoir été conçu du Saint-Esprit, c'est à dire de "Dieu le Père".
En dehors de cela, et dans l'absolu, il n'y a pas à être choqué d'entendre Jésus le Christ être qualifié de Dieu.
Mais est-il «Dieu le Père fait chair» pour autant? Quels éléments nous permettent de répondre à cette question?
Premièrement et simplement on doit bien être d'accord sur le fait que, contrairement à Satan, Dieu ne trompe pas. C'est-à-dire que Dieu ne saurait mentir ni par action ni par omission.
Or que dit Dieu de Jésus-Christ? Rappelons-nous du baptême de Jésus par Jean le Baptiste. Lorsque Jésus sort de l'eau, une voix, celle du Seigneur, se fait entendre et déclare: «voici mon fils bien aimé en qui j'ai mis toute ma joie» et non pas «me voici parmi vous» ou «voici le corps dans lequel je vais habiter»!
Donc le débat d'Arius, ne s'opposant pas au fait de qualifier Jésus de divinité mais bien s'opposant au fait d'identifier Jésus avec le Dieu Unique fait chair, est en ce sens tout-à-fait utile.
Fratelli Tutti et Observatoire Pharos, des publications saines et saintes!
L'encyclique du Pape François "Fratelli Tutti", "Tous Frères" nous prend à bras-le-corps dès le début. Une œuvre bienvenue qui vient compléter un rapport sorti le 21 Septembre 2020 à l'occasion de la Journée Internationale de la Paix par l'organisation Observatoire Pharos. Rapport qui éclaire le lien existant entre paix dans une région et respect de la diversité culturelle et religieuse.
Ce rapport de l'Observatoire Pharos est librement distribuable gratuitement dans sa version numérique PDF présentée dans un format de page permettant de le lire aisément tant sur une "liseuse" noir-et-blanc que sur tablette. Il est important car il n'évite pas les réalités du terrain, les réalités qui fâchèrent autrefois pour être aujourd'hui facteurs centripètes des régions analysées.
Le voici donc; c'est un bon complément concret sur l'encyclique papale:
Et l'encyclique, j'en fais publicité ici, dans toutes les librairies et en version numérique sur Amazon (à très petit prix comparé à l'édition imprimée):
Et les lecteurs de l'encycliques auront tous forcément remarqué une contradiction interne au discours du Vatican; en ce que Fratelli Tutti, l'option «tous frères» s'oppose à la Mission évangélisatrice mondiale décrétée pourtant par le même Pape François en 2019!
Soit je reconnais autrui comme «mon frère tel qu'il est, comme il est, avec son entière altérité propre», soit je n'admets pas cette altérité propre et ne peut le considérer comme «frère» mais comme «objet» d'une "conversion nécessaire" au catholicisme romain.
S'oppose alors à l'encyclique un «tous frères» qui implique de mettre sa fierté de croyant de côté et, d'un autre côté, une guerre, une Mission, d'évangélisation où je place en premier ma fierté d'être croyant et où mes frères ne peuvent être que d'autres croyants de ma religion propre...
Cela le Pape l'aborde dès le début de son encyclique Fratelli Tutti, en citant une phrase pleine de sagesse de Saint François d'Assise. Celui qui parti pour convertir en paix, puis abandonna cet orgueil pour reconnaître l'humilité que nécessite la fraternité!
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