dogmes
Pour une sauvegarde de la prière du Notre Père
Il y a quelques années déjà le Pape François décidais de modifier une partie certes limitée mais néanmoins faisant sens de la prière du Notre Père.
Pour rappel, voici l'ancienne version, celle qui a mes yeux aurait dû être conservée (et j'expliquerai pourquoi après), avec le passage modifié en gras:
«Notre Père qui êtes aux Cieux, que votre Nom soit sanctifié, que votre règne vienne, que votre volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre pain [spirituel] de ce jour, pardonnez nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et ne nous soumettez pas à la Tentation mais au contraire délivrez-nous du Mal; car c'est à vous qu'appartiennent le Règne, la Puissance et la Gloire, pour les siècles des siècles, Amen».
J'écrivais donc que ce passage en gras, récemment transformé en «ne nous laissez pas tomber en tentation», a tout son sens biblique, et l'enseignement de Jésus est basé sur cette même Bible.
Si l'on peut admettre que Dieu n'est pas le Tentateur, la Tentation, le Mal et que donc il ne saurait nous y "soumettre" dans le sens de "soumis à la question" comme on pouvait l'être par l'Inquisition, néanmoins je reviens ici sur un Livre de l'Ancien Testament très important pour nous éclairer ici: le Livre de Job.
Qu'y est-il conté? Que Satan, l'ange déchu, se promène au Royaume des Cieux pour y rencontrer Dieu; qu'il y discute avec Dieu et à égalité avec Dieu de la dévotion et des multiples actions de grâce de Job envers le Seigneur et suggère que cela n'est peut-être pas étranger à sa condition plus que confortable sur Terre. Satan propose ensuite à Dieu de lui permettre de "tester", "de lui soumettre" Job. Ce que Dieu accepte.
Donc, en le Livre de Job, on voit bien Dieu qui soumet Job au Tentateur, à la Tentation donc, dit au féminin.
À la limite, si on voulait absolument remplacer cette partie de la prière il serait plus juste de prier «ne permettez pas que nous soyons soumis à la Tentation»; car pour ce qui est de ne pas y tomber je dirais que ça c'est notre propre boulot.
Arius au travers d'une comparaison des Livres de la Sagesse de Salomon, du Siracide (Ecclésiastique) et Évangile de Jean
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Une chose est remarquable, pour trancher le débat initié par Constantin (Arius ne faisant que défendre l'avis majoritaire du christianisme primitif de l'époque), c'est l'extraordinaire ressemblance entre les contenus du Livre de la Sagesse de Salomon, du Siracide (ou Livre de l'Ecclésiastique) et du prologue poétique de l'Évangile de Jean.
Malheureusement les protestants, habitués à la lecture de la Bible, ne disposent pas dans leurs bibles de ces deux premiers livres cités de l'Ancien Testament dans la mesure où ils ne font pas partie de la Bible canonique Hébraïque. Quant aux catholiques romains, qui les ont inclus dans leur canon biblique, ils n'ont tout simplement pas l'habitude de lire la Bible! Ce qui explique que l'on se base sur la tradition nouvelle initiée par Constantin et qui dure maintenant depuis plus d'un millénaire-et-demi. Jésus doit être Dieu fait chair puisqu'on l'a toujours dit...
Pourtant force est de constater que le seul évangile (mais qui seulement dans son prologue) qui l'affirme, celui de Jean: «Au commencement était la Parole, la Parole était avec Dieu, la Parole était Dieu et la Parole a pris chair», n'est qu'un copier-coller d'un écrit à peine plus récent, datant de vers -30 avant Jésus-Christ, écrit à l'origine en grec (ce qui explique qu'il ne fasse pas partie de la Bible Canonique Hébraïque) mais traduit en araméen et en hébreu assez rapidement et qui s'est répandu très largement dans les différents milieux juifs du bassin méditerranéen (et dont donc Jean avait certainement pris connaissance).
Il s'agit du Livre de la Sagesse (de Salomon), pouvant être résumé au chapitre 9 verset 9 également; et qui est confirmé au chapitre 1 verset 1 du Siracide (ou Livre de l'Ecclésiastique; à ne pas confondre avec le Livre de l'Ecclésiaste qui lui est hébraïquement canonique). En effet, ce livre de la Sagesse peut s'exprimer ainsi: «Au commencement était la Sagesse, elle était avec Dieu, elle était Dieu et elle pris chair de Salomon». On voit bien le parallèle lorsqu'on lit ce Livre en entier.
Pourtant il n'est venu à l'esprit d'aucun juif de qualifier pour autant Salomon de «Dieu fait chair», de même que cela ne vient à l'esprit d'aucun chrétien et de même qu'il ne venait pas à l'esprit du christianisme primitif de qualifier Jésus de Dieu fait chair.
Foi et Raison, une critique du point de départ de Saint Thomas d'Aquin
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Alors tout d'abord il faut reconnaître les mérites de la démarche de Thomas d'Aquin: séparer la philosophie proprement dite et la théologie proprement dite. Il établit que la philosophie observe la Nature et ses manifestations et peut alors en arriver à Dieu, mais à un Dieu forcément différent de tout dogme. Tandis que la théologie part du Dieu du dogme et par là tente d'expliquer la Nature et ses manifestations.
En ce sens il ne se trompe pas. Mais, continuant sur sa lancée, et reprenant les catégories d'Aristote, il en vient à décréter que la Foi serait supérieure à l'Opinion et quasiment du même ordre de certitude que la Science. Personnellement, et à tout individu réflectif de notre époque, cela semble choquant et l'est. Car de toute évidence la Foi en tant que telle n'est qu'une opinion buttée, qui ne veut être discutée.
C'est que Thomas d'Aquin part d'Aristote. Et l'on sait le tort qu'Aristote, qu'un Aristote que l'on ne cherche pas à dépasser, a causé: c'est partant de l'aristotélicisme (et non de la Bible) que Galilée fut condamné pour ses théories astronomiques. C'est que Aristote est binaire: pour lui, en Science, il ne saurait avoir que du totalement faux ou du totalement vrai.
S'il était possible d'être binaire dans l'Antiquité, la science moderne, actuelle, nous prouve que la Science est aussi Opinion car dans maints domaines plusieurs théories toutes prouvables mathématiquement et rationnellement et en accord avec les modèles de bases admis généralement peuvent coexister parallèlement. Donc en adopter une plutôt qu'une autre est un choix de l'ordre de l'opinion et qui peut se discuter; doit même accepter d'être discutée à l'aune de la rationalité.
En ce sens, la Foi doit être relativisée au même titre que la science. D'ailleurs c'est bien connu: il n'y a pas 6 grandes fois (hindouisme, bouddhisme, judaïsme, christianisme, islam, animisme ou associationnisme) mais bien 7 milliards de nuances de Fois: une par individu sur Terre. Chacun admet une chose et pas l'autre, entend par un mot ou un concept ceci plutôt que cela.
Contre Saint Thomas d'Aquin et contre le Cardinal Ratzinger (pape Benoît XVI), je viens donc d'argumenter que la Foi est soumise au relativisme et pour rester saine doit en être totalement consciente!
Homosexuels et Église Catholique Romaine
Alors j'ai un peu (beaucoup) tardé à réagir aux récentes prises de position de l'Église Catholique Romaine vis-à-vis de l’accueil des homosexuels en son sein, et aux réactions diverses et souvent absurdes du monde homosexuel à celles-ci. C'est que justement ces prises de positions de l'Église étaient diverses car elles concernaient divers aspects, des plus logiques aux plus incompréhensibles.
Car, comme me le rappelait à juste titre ma "paroissienne-contact" dans ma démarche avortée (aïe ici le mot est malheureux) de première communion devant être obligatoirement accompagnée pour les adultes de la confirmation, «une religion ne se fait pas à la carte, ou on prend tout d'une ou bien rien»! Et de fait j'y souscris et c'est pourquoi je fais partie de l'église invisible, tendance plutôt protestante bien qu'on puisse parfaitement l’accommoder de pratiques rituelles catholiques romaines.
C'est-à-dire que si on se dit Catholique Romain on doit en accepter le catéchisme, le "grand", tel que défini dans "le Catéchisme Officiel de l'Église Catholique". C'est-à-dire principalement le fait que comme il y est écrit «seul le Magistère sait interpréter et enseigner sur les Saintes Écritures», et a donc en dernier ressort raison.
Donc que je ne saurais rien apprendre de la Bible par moi-même, que seul un Prêtre peut m'apprendre ce que j'ai à apprendre.
Démarche avec laquelle rompt radicalement le Protestantisme qui estime au contraire que, à la lecture des Lettres (Épîtres) de Paul, tout baptisé qui a pris entière connaissance de la Bible peut avoir un avis et qu'aucun avis, par ailleurs, n'est supérieur en qualité à un autre dans la mesure où il n'y a qu'un seul Esprit-Saint et qui se reçoit en quantité et qualité égale dès l'acte de baptême (seul sacrement originellement reconnu par les protestants).
Alors, pour revenir aux homosexuels, il faut bien distinguer en premier les lesbiennes des gays. Ensuite, et je me suis déjà exprimé dans une vidéo à ce sujet, même si la majorité des gays brésiliens se disent "chrétiens", voire "catholiques romains" et ne voient aucun problème à leurs actes sexuels (trouvant par contre être un "péché" que de fumer du tabac); une méditation lectio divina, de lecture personnelle de la Bible, fait découvrir que s'il n'est pas impossible à un gay d'être chrétien, il doit néanmoins bien avoir conscience que dès le moment où il se dit chrétien il doit cheminer vers une amélioration spirituelle et donc un abandon de son homosexualité.
Ce n'est là que mon avis, et qui en ce sens rejoint l'avis du Vatican.
Mais interdire à un gay qui serait ou pourrait être favorable à un tel cheminement de participer à la communion est faux-cul, est déclarer clairement que le déroulement liturgique de toutes les messes dominicales ne sont que du cinéma! En effet, en communiant je reçois le corps et le sang du Christ qui est justement destiné aux "malades", aux "pécheurs", et non aux bien-portants. Ce qu'exprime la confession publique précédant l'eucharistie où l'on reconnaît être pécheur. Le fait-on par habitude ou bien pense-t-on réellement qu'on est pécheur?
Personnellement lorsque je participe à une messe catholique romaine (ça m'arrive de temps à autres) et que je prononce cette confession publique, je pense à des péchés bien réels, en actes en paroles et en pensées, par actions et par omissions; si ce n'est pas le cas des autres catholiques présents dans l'église qu'ils se taisent donc.
Le problème est que l'eucharistie s'est transformée d'une communion entre les fidèles et Jésus en une communion d'esprit entre les fidèles entre eux seuls et l'Église. Donc l'hostie ne doit pas être touchée par des gens "impurs", des gays par exemple, ce qui est contraire aux enseignements bibliques où Jésus-Christ se laisse toucher par des impurs et ensuite les rends purs!
Si donc la condamnation de l'homosexualité me semble être une évidence, l'éviction des homosexuels de l'eucharistie me semble contraire aux enseignements du Christ. Et contraire également à la liturgie car alors tout catholique ayant prononcé la confession publique ne peut pas lui non plus recevoir l'eucharistie puisqu'il vient de se reconnaître impur!
Mais enfin, pour la faire rapide, rien n'oblige un gay chrétien à rester catholique romain s'il ne veut pas changer de mode sexuel; il peut très bien devenir Protestant. En effet les églises protestantes luthériennes et réformées acceptent depuis maintenant une bonne dizaine d'années de bénir les couples homosexuels. S'il n'y a pas mariage c'est tout simplement car ces églises ne pratiquent pas le mariage ni même pour les hétérosexuels. Bénir un couple est le plus haut sacrement prévu pour la formation d'un foyer familial dans le protestantisme luthérien réformé.
C'était le cas pour l'entièreté du protestantisme à la base, mais des affaires d'argent à gagner ont fait que certaines tendances protestantes se sont mises à pratiquer des "mariages" (les évangéliques par exemple).
Le débat entre Constantin et Arius n'était-il pas inutile?
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Tous les lecteurs de ce blog le savent, jusqu'ici je faisais grand cas d'un des points de l'arianisme qui me semblait important: la nature "véritable" du Christ, homme ou dieu?
Ce n'est un point qui est devenu exacerbé et important aux yeux des Églises Catholiques Romaines et Protestantes qu'avec l'apparition de l'Islam qui admet Jésus comme Messie mais non comme Dieu. À notre époque de relance de la conversion mondiale tant par les protestants que par les catholiques romains (les orthodoxes étant beaucoup moins prosélytes) ce sujet revient sur le devant de la scène, cette fois non plus comme point de débat entre ariens et constantiniens mais entre chrétiens et musulmans.
Néanmoins ce débat millénaire initié par Arius a-t-il, à la lecture des Prophètes (qui sont tous reconnus par l'Islam d'ailleurs), une réelle utilité?
Si je lis le Prophète Ésaïe (ou Isaïe), en Es 9.5 on peut lire: Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on l'appellera Admirable-Conseiller, Dieu Tout-Puissant, Père éternel, Prince de la Paix.
Donc, puisqu'il a été prophétisé grosso-modo un millénaire avant Constantin que Jésus-Christ serait appelé «Dieu», aller contre ce fait serait aller contre la prophétie et tout débat à ce sujet est clairement inutile sauf pour cadrer certains concepts.
Cadrer par exemple le concept de «Marie mère de Dieu», un concept qui cette-fois divise catholiques romains et protestants; et non sans raisons. Car qui peut se dire "mère d'un dieu" sinon une déesse? D'où la dérive vers une Marie-Déesse déjà évoquée ici.
Sur ce sujet on se reportera aux catéchismes chrétiens qui veulent que Jésus-Christ (Messie) soit «à la fois Vrai Homme et Vrai Dieu». S'il est "Vrai Homme" c'est bien pour être né de la Vierge Marie. Donc Marie est «mère du Christ»; et s'il est "Vrai Dieu" c'est bien non pas par nature génétique ou biologique (ce que ne comprennent pas toujours les musulmans lorsqu'on parle de "Fils de Dieu") mais bien pour avoir été conçu du Saint-Esprit, c'est à dire de "Dieu le Père".
En dehors de cela, et dans l'absolu, il n'y a pas à être choqué d'entendre Jésus le Christ être qualifié de Dieu.
Mais est-il «Dieu le Père fait chair» pour autant? Quels éléments nous permettent de répondre à cette question?
Premièrement et simplement on doit bien être d'accord sur le fait que, contrairement à Satan, Dieu ne trompe pas. C'est-à-dire que Dieu ne saurait mentir ni par action ni par omission.
Or que dit Dieu de Jésus-Christ? Rappelons-nous du baptême de Jésus par Jean le Baptiste. Lorsque Jésus sort de l'eau, une voix, celle du Seigneur, se fait entendre et déclare: «voici mon fils bien aimé en qui j'ai mis toute ma joie» et non pas «me voici parmi vous» ou «voici le corps dans lequel je vais habiter»!
Donc le débat d'Arius, ne s'opposant pas au fait de qualifier Jésus de divinité mais bien s'opposant au fait d'identifier Jésus avec le Dieu Unique fait chair, est en ce sens tout-à-fait utile.
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