ethique
Ce qu'apporte le Protestantisme et limites de l’œcuménisme.
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Le protestantisme n'est pas seulement une réaction contre la "vente de tickets d'entrées au Paradis", les "indulgences", par l'Église Catholique Romaine, et ce n'était heureusement pas la seule chose pour laquelle il était utile.
Le Protestantisme historique, s'il est certes daté du moment où Luther brûle la bulle d'excommunication qui le condamne et donc nie la supériorité du Pape sur l'ensemble de la Communauté Chrétienne (Ecclesia, Église), commence en fait conjointement avec les apports philosophiques d'Érasme et le Libre Examen.
Le Protestantisme introduit ainsi de facto la liberté religieuse. C'est-à-dire la liberté de choisir sa religion mais aussi de n'en choisir soit aucune en particulier soit aucune du tout. C'est-à-dire que, sans protestantisme, pas de laïcité dans le sens très anglo-saxon et scandinave d'acceptation de toutes les religions et facilitation de leur expression et manifestation jusque dans la vie civile. Un sens différent qu'en pays anciennement catholiques donc où il s'agit là plus d'une négation du fait religieux, de son nécessaire effacement devant l'athéisme d'État.
Par ailleurs, autre apport du protestantisme, la séparation des Sciences et de l'Église. Chose que sera bien, suite à la Renaissance, forcée d'acter à son tour l'Église Catholique Romaine. Ainsi si Galilée fut condamné par l'Inquisition, à peine 50 années plus tard on lui donnait raison (mais sans pour autant le réhabiliter, annuler sa condamnation) et cela engendrera l'un des premiers apports majeurs de l'Église Catholique Romaine à la modernité: le Calendrier Grégorien.
Et, justement, parlant d'Inquisition, si le pouvoir et l'emprise de l'Inquisition ont été ébranlés au point que celle-ci soit "mise en sommeil" (mais non "supprimée") dans la fameuse Congrégation pour la Sauvegarde de la Doctrine de la Foi; c'est bien grâce au relativisme religieux introduit par le protestantisme.
On devine donc mieux les limites, et les dangers, de l'oecuménisme. S'il s'agit d'un dialogue de rencontre et d'échange d'expériences, pouvant aller jusqu'à communier ensemble, certes c'est très intéressant et très positif. C'est d'ailleurs souvent sous cette acceptation que Protestants et Orthodoxes entendent le terme d'œcuménisme. Mais il ne faut pas être aveugle au souhait clairement et non caché exprimé publiquement par l'Église Catholique Romaine de pratiquer un œcuménisme entendu comme «réintégration de toutes les églises éparses dans le giron et l'autorité de l'Église Catholique Romaine».
Avec, comme dangers immédiats, la perte de tous les acquis du protestantisme pour nos sociétés évoqués ci-dessus, et qui plus est une réanimation de la Sainte Inquisition!
Tao Te King de Lao-tseu et sous-entendus implicites
Le "Livre de la Voie et de la Vertu" (Tao Te King) de Lao-tseu me semble être un apport important à la philosophie non-seulement chinoise ou asiatique mais aussi mondiale au même titre que les auteurs grecs repris par l'Humanisme contemporain. On pourra trouver dans cette oeuvre de quoi nourrir les réflexions de nombre de monothéistes abrahamiques (tant juifs que chrétiens que musulmans). Surtout à l'aide de la traduction et annotations de Marcel Conche, l'une des plus sérieuse et complète trouvée avec celle que je recommande par-dessus tout en second, l'originale de 1913 qui ne cède pas à la vision Occidentale du taoïsme chinois mais reste dans sa vision originelle Orientale; c'est-à-dire ne transforme pas la notion de "Principe" en une vision Naturaliste occidentalisée et à la mode. Le Principe est avant-tout un Mécanisme, tout en provient et tout y est soumis y compris la Nature qui n'a pas de prépondérance sur le mécanisme qu'est le Principe... Seconde traduction et annotations à préférer à celle de Marcel Conche donc car plus lisible et plus correcte dans sa philosophie.
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Tao Te king: Traduit et commenté par Marcel Conche (Perspectives critiques)
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Tao Te King: édition originale
Ouvrage classique chinois qui, selon la tradition, fut écrit autour de 600 av. J.-C. par Lao Tseu, le sage fondateur du taoïsme.Ces quelque cinq mille caractères chinois ont donné lieu à ...
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Édition à privilégier
Néanmoins les annotations, comme dans toutes les versions trouvées par ailleurs, ne tiennent pas compte de la mise en contextualisation nécessaire. Car il faut savoir à qui et dans quelle perspective s'adresse Lao-tseu. Si le bouddhisme chinois intègre indifféremment le confucianisme et le taoïsme; il convient de savoir que Lao-tseu n'a absolument pas ni le même public ni les mêmes buts que Confucius.
Confucius, qui vécu avant Lao-tseu, adresse des leçons aux classes dirigeantes, aux gouverneurs, à la Dynastie pour que ceux-ci les mettent en pratique dans une action dans l'agir concret. Car, pour Confucius, le Prince (ou le Roi) doit être un Philosophe (un Sage). Pour Lao-tseu, au contraire, il estime que «si le Roi était un Sage ou un Philosophe, le gouvernement ne saurait être qu'une dictature», entre-autres car n'ayant plus besoin de personne envers qui prendre conseil (donc s'auto-contredire).
Lao-tseu n'a pas comme public les gouverneurs, mais le peuple lettré. Il estime la Dynastie de sa région en pleine décadence et donc quitte son poste d'archiviste et scribe de ladite dynastie et quitte le territoire. Or, en tant que dissident, déjà à l'époque, il risque sa vie. Il ne peut donc se permettre de critiquer ouvertement le mode de gouvernance publiquement ni par écrit ni oralement.
C'est sous ce contexte qu'il convient il me semble d'interpréter ses multiples versets et chapitres dans le Tao Te King concernant le Sage qui gouverne. Car n'oublions pas: Lao-tseu est strictement opposé à ce que le gouvernant soit un philosophe ou un sage.
D'où la question que nous devons nous poser: lorsqu'il écrit que «le Sage remplit le ventre du Peuple et non son cerveau», est-ce une caricature pour illustrer sa pensée ou est-ce une adhésion réelle à telle pensée?
Il me semble que connaissant la contextualisation, contrairement à la majorité des traducteurs y compris Marcel Conche, je suis poussé à penser que c'est une caricature créée pour dénoncer le mythe du Roi-philosophe et enseigner le peuple sur comment on le mène par le bout de son ignorance...
De plus cela peut s'argumenter par le contenu du Tao Te King lui-même: dès le Chapitre 2 il est clairement indiqué que le Sage n'a pas vocation à gouverner.
La Passion ou l'expérience d'être rejeté par ceux qu'on aime
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Ce Vendredi 15 Avril 2022, toutes les Églises Chrétiennes commémorent La Passion du Christ, la crucifixion de Jésus, sa mise à mort après un procès biaisé et préparé de longue date (dès le début de son Ministère, de sa Mission de Messie envoyé par Dieu pour nous sauver).
Dans cette dernière phrase mise entre parenthèse se trouve une signification ultime et universelle de la crucifixion.
Jésus a été classé au rang de renégat, de traître, de coupable, de contre faiseur, de menteur, de bandit, et a été jugé et mis à mort par ceux-là même qu'il aimait! Peut-on imaginer ce que cela fait d'être rejeté et tué par ceux-là même que l'on aime? Or, justement, cette expérience est universelle et principalement pour les pauvres.
En effet, «Dieu créa l'Humain à son image, il le créa Homme et Femme» comme écrit dans la Genèse; c'est-à-dire que l'homme se cherche tout naturellement un complément féminin, est attiré par la femme. Or, depuis la Révolution Industrielle (Française même puisque c'est elle qui l'a initiée), il existe un poor-men-bashing de la part des femmes, une tendance instituée par l'enseignement, les médias, la culture, au darwinisme social rabaissant l'homme pauvre au rang d'en quelque sorte "intouchable hindou".
Un homme pauvre, sans avenir et même pas artiste de rue les poches pleines de drogues («bitch on the men with drugs, it's usual since the sixties»), peut de ce fait avoir ressenti cette expérience universelle du rejet et même parfois de la condamnation par celles-là même qu'il aime; à ce point universelle que le philosophe humaniste existentialiste Jean-Paul Sartre l'a abordé (au sujet du poor-men-bashing) dans un livre, une pièce de théâtre en fait, intitulé "La Putain Respectueuse".
Pour ma part c'est du vécu. Mais il faut bien savoir que dans mon cas je l'ai bien cherché: j'ai rejeté le Dieu d'Abraham, Créateur de l'Univers Visible et Invisible, bien avant de connaître le rejet de la part des femmes.
De par cette expérience du rejet féminin, je ne peux qu'imaginer ce que Jésus-Christ a pu ressentir en étant rejeté et en subissant le coup monté contre lui permettant à ceux-là même qu'il aimait de le crucifier.
De cette leçon on en imagine tout autant ce que Dieu lui-même doit ressentir lorsqu'il est rejeté par l'une de ses créatures, en premier Iblis (l'Ange Déchu ou Satan), ensuite l'Humain. Mais comme l'explique le Livre de la Sagesse de Salomon (pas présent dans la Bible Protestante), Dieu aime toutes ses Créatures sinon il ne les aurait pas créées et appelle chacune d'elle à revenir à lui sans relâche.
Dieu attend de nous une réponse d'Amour, parce qu'il nous aime, telle est il me semble la leçon de cette Passion du Christ...
En quoi Jésus nous a sauvés et rendus libres?
Le nom de Jésus signifie littéralement en hébreu «Dieu Sauve», et de fait Jésus est le Messie, donc le sauveur, et on rajoute même dans la théologie protestante que Jésus nous a rendus libres. Pourquoi et en quoi?
De fait, lorsqu'on pense "croire en Dieu", ce qui est différent disons-le tout de suite de "croire en une religion", on pense pour la majorité de nos contemporains malheureusement "asservissement, soumission, perte de liberté". Or, justement, Jésus le Christ est venu nous apprendre que croire en Dieu, avoir la Foi, c'est gagner en Liberté! En fait cela ne commence pas avec Jésus, même si c'est bien lui qui en tant que Messie vient l'accomplir, mais est relaté dès les Prophètes de l'Ancien Testament (la Bible Hébraïque), et on citera entre autres Isaïe (Ésaïe).
Ainsi le prophète Isaïe relate que le Messie viendra «libérer les épaules du peuple d'Israël d'un lourd fardeau». De quel fardeau parle-t-il? Ce "fardeau" est explicité dans la Torah elle-même. En effet, Dieu y déclare au peuple juif: «je ne vous ai donné que dix Commandements mais vous n'avez pas été capables de les suivre, aussi je chargerai vos épaules d'un lourd fardeau», il s'agit des un peu plus de six cent (600) autres Lois de la Torah.
Voilà ce dont Jésus vient alléger les épaules du peuple juif, pour ne garder que les Dix Commandements primitifs résumés en les très sages "deux Lois d'Amour": amour de Dieu et amour de l'Autre.
Mais Jésus ne vient pas que libérer le Peuple Juif, il vient libérer l'Humanité toute entière toujours selon ce qui est prophétisé par Isaïe. Ce qui permet à l'Apôtre Paul de déclarer que «désormais il n'y a plus ni juifs ni païens, ni maîtres ni esclaves, ni hommes ni femmes»! Il n'y a plus que l'Humanité, une et indivisible.
En ce sens donc, il n'y a plus non plus «ni chrétiens ni non-chrétiens»; l'enseignement de Jésus impose qu'il n'y ai plus de distinction entre un humain et un autre et en ce sens nous rend égaux.
À tel point vrai que cette base inamovible des dix commandements (les dix paroles) se trouve être présente jusqu'à dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, pourtant écrite sous une époque on ne peut plus anti-cléricale et athée. Tous ces Droits Humains fondamentaux dérivent directement de l'universalité des dix commandements bibliques (que l'on trouvera en Exode chapitre 20, versets 3 à 17 inclus). Les Droits Humains ratifiés à l'ONU et écrits sous la période de la Révolution Française sont une liste allongée du résumé universel qu'en constituent les Dix Commandements bibliques du judéo-christianisme!
On peut donc le dire, l'ère chrétienne entendue non comme institution religieuse mais comme rapport entre êtres humains entre eux est de facto réalisée et indépassable sauf à retourner en arrière, à dévoluer plutôt qu'évoluer.
En ce sens, Jésus nous a rendus libres; qui plus est, Jésus étant envoyé par Dieu, c'est Dieu qui nous a rendus libres.
À tel point que je suis également libre de croire ou de ne pas croire en Dieu, ou de ne pas le respecter même si je crois qu'il existe. Cette Liberté absolue de l'Humanité, d'abord en tant que Peuple Juif ensuite en tant que Peuples de Toutes Nations, n'est pas seulement inscrite dès le christianisme, dès Jésus-Christ, mais est relatée par les Prophètes eux-mêmes.
C'est de cette liberté que naît "l'appel et l'attente de Dieu" envers chaque humain, chaque être, pris individuellement. Dieu nous appelle, il attend que nous choisissions de répondre favorablement à cet appel.
Donc, on le voit, croire en Dieu est loin d'être un asservissement mais au contraire est signe de notre Liberté acquise en Jésus-Christ!
Repenser l'abattage halal et casher à l'heure de leur interdiction à Bruxelles
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Bruxelles, après la Flandre et la Wallonie, s'apprête à se pencher sur l'interdiction de l'abattage halal et casher; en fait de "l'abattage rituel".
Mais abattage casher ou halal n'est pas exactement la même chose que le rituel et ça il semble que tant les juifs que les musulmans ne l'ont pas encore compris. Pourtant il faudra bien arriver à distinguer les deux, en tout cas en Belgique, au risque de devoir faire de l'importation depuis la France ou l'Allemagne.
En quoi halal et casher se distinguent-ils de l'abattage rituel? Parce que "rituel" signifie dans le but "d'exercer un rite", ici celui du sacrifice. Or il n'est nullement écrit (au contraire même pour le judaïsme) qu'il ne faille consommer que des animaux sacrifiés. Par ailleurs ledit sacrifice peut être remplacé par des actes de charité, c'est-à-dire n'est pas une obligation religieuse stricte. Alors que manger halal ou casher est bien lui une obligation religieuse stricte.
Mais qu'est-ce qui défini le casher ou le halal? Ce n'est évidemment pas la même chose que le sacrifice. Il n'y a que deux conditions à remplir: le non-étourdissement et le non-étouffement (sur ce dernier point il existe une exception hors textes sacrés, j'y reviendrai en fin d'article). L'égorgement, qui effectivement fait agoniser inutilement l'animal pendant six minutes environ, n'est pas une condition nécessaire du halal ou casher. Et de fait.
Car il existe d'autres moyens d'abattre un animal sans étourdissement que de l'égorger. Plus rapidement, plus efficacement, donc plus humainement même que l'abattage industriel qui ne fait que considérer l'animal vivant comme une matière première à transformer en viande morte et consommable.
Je pense par exemple à une balle dans la tête, ce qui reste quand même plus humain que la guillotine que l'on utilisait pendant la Révolution Française.
Je pense donc que ce débat récent (et aux relents de racisme je l'admets) sur l'abattage casher et halal doit être l'occasion pour les musulmans et les juifs de relire les textes sacrés (sans avoir à les réécrire) afin de percevoir comment continuer à pouvoir pratiquer leurs prescriptions en matière de table tout en respectant les sensibilités de la société civile et les lois qui en sont issues.
Enfin, comme promis à propos du "non-étouffé", on a appris au XIXe Siècle qu'un poisson retiré de l'eau, pêché, mourait de facto étouffé puisqu'il respire l'oxygène de l'eau à travers ses branchies et ne sait respirer l'oxygène de l'air.
De quoi relativiser un peu...
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Mais tout cela ne peut en aucun cas faire rire le chrétien (ni le laïcard ou athéiste non plus d'ailleurs s'il a lu les récentes découvertes archéologiques quant au développement du cerveau spécifiquement humain par rapport à celui du singe).
Car, croyez-vous qu'une fois l'abattage casher et halal interdits, Gaïa et autres allumés vont s'arrêter en si bon chemin? Non, et cela a déjà commencé par ailleurs; par après ils s'en prendront à l'abattage occidental industriel. Car, dans leur logique, un animal tué est un tué de trop. Ils sont du genre (et c'est réel, à peine caricatural): «vous n'avez pas des croquettes au falafel bio pour mon chat ou mon chien?».
Et cela me rappelle une très vieille histoire écrite il y a plus de trois millénaire maintenant. C'est au Livre de la Genèse, chapitre 4 versets 3 à 8 inclus. Caïn et Abel. À se demander parfois si l'Ancien Testament raconte une histoire passée et révolue ou une réalité du présent voire du futur.
Caïn et Abel. Abel l'éleveur d'animaux, et celui qui en mange, offrant un sacrifice d'agneau au Seigneur et qui plût à ce dernier. Caïn le cultivateur, celui qui ne mange que des légumes, offrant un sacrifice de produits de la terre mais qui ne trouve pas grâce. Et ensuite? Ensuite, Caïn le végétarien tue Abel le carnivore!
Prophétie ou histoire ancienne? Quand l'alpha et l'oméga, le début et la fin, la Genèse et l'Apocalypse ne font plus qu'un je crois qu'on peut dire que «les Temps sont accomplis»!
Quel est le propre de l'Humain?
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Quel est le propre de l’Humain ? D’abord en tant qu’unité mais aussi en tant que groupe social ? C’est une question que je me pose depuis longtemps. J’avais à ce propos sorti une petite blague : « l’Homme est un Singe qui croit en Dieu, le jour où il cessera d’y croire et que les singes commenceront à y croire ce sera la planète des singes » ! Pourtant tout n’est pas si simple.
En tant que groupe social, rien ne semble distinguer l’être humain des autres animaux sociaux, qu’ils soient peu sociaux ou très sociaux. Du moins dans les attitudes primaires et premières de l’Humanité.
L’être humain a conscience d’un Transcendant, qu’il soit croyant ou athée. C’est-à-dire qu’il a conscience que, contrairement à ce qu'affirment certains penseurs, l’Homme n’est pas la mesure de toutes choses mais doit, afin de continuer à vivre en société, obéir à une mesure le dépassant, le transcendant.
Cela se manifeste visiblement par des interdits. Ne pas tuer un autre humain, ne pas le manger, puis des interdits moins basiques tels que ne pas voler, ne pas mentir, etc. Bien évidemment ces interdits ne sont pas forcément respectés mais lorsqu’ils ne sont pas respectés on sait, ou plutôt on « sent », que cela sort de la normalité de la vie de tous les jours, que cela est une forme de transgression.
Ainsi s’il s’impose que l’on ne doit pas tuer son semblable, on le fera néanmoins en cas de guerre ou de peine de mort. Et le fait que l’on sente plus que l’on ne sache que cela est une transgression se révèle dans le fait qu’on laissera cette tâche à une « caste » spécialement conçue pour cela : les guerriers (militaires de nos jours) et les bourreaux.
Ces notions transcendantes de respect de certains interdits ne proviennent pas nécessairement d’un rapport aux mondes invisibles, à des divinités, mais peut très bien s’accommoder, comme c’est le cas de nos jours pour une bonne partie du monde occidental, de l’athéisme le plus total. Point n’est besoin d’un dieu pour qu’il y ait religion (« liens interindividuels » au sens strict), les Droits de l’Homme, les Lois de la Nation, les idéologies peuvent parfaitement faire l’affaire.
Mais ce transcendant est-il vraiment constitutif de l’être Humain ? Certes nous en avons conscience. Mais les animaux, à quelques exceptions près, n’obéissent-ils pas aux mêmes interdits ? Un crocodile ne mangera et ne tuera jamais un autre crocodile. Les luttes pour le monopole de la reproduction chez les animaux ne se soldent par la mort d’un adversaire qu’en cas d’accident, etc.
En fait, cette notion de transcendant est constitutive du lien social plus que de l’Humanité en général. On peut imaginer un humain s’affranchir totalement de toute limite, évacuer son « surmoi », ne plus rien respecter. De facto si tous les humains le feraient ce serait la fin du genre humain, de toute civilisation humaine.
N’empêche qu’un humain le faisant n’en resterait pas moins humain. Alors que reste-t-il pour le distinguer de l’animal ?
L’être humain, nous pouvons le constater tous les jours, fait des quantités innombrables de choses strictement inutiles d’un point de vue animal !
J’en viens à me demander si par hasard la caractéristique de l’être humain ne serait-elle pas cette capacité à l’inutilité ? Car voit-on même des dauphins, réputés comme les plus intelligents des mammifères après l’humain, se mettre en rond autour de deux ou trois autres dauphins qui joueraient à un jeu ou à une pièce de théâtre ?
C’est à mon avis dans ce sens qu’il faudrait creuser la question.
Par ailleurs l’une des meilleures preuves de cette caractéristique de l’être humain à l’inutilité biologique de la plupart de ses activités est le sexe-plaisir plutôt que le sexe-reproduction. L’humain a des rapports sexuels non à des fins uniquement reproductives mais également à des fins récréatives, mêlées de divers sentiments.
Paradoxalement l’Église, en édictant le dogme des relations sexuelles à des seules fins reproductives, rabaisse ainsi l’humain à son statut d’animal primitif. À noter par ailleurs que ni dans la Torah, ni dans les Évangiles ou même Épîtres, ni dans le Coran il n’est ordonné à l’être humain de n’avoir des relations sexuelles qu’à des fins reproductives.
Et les stratégies de sexe-plaisir sans fins reproductives ont existé de tous temps, ne fut-ce que par l’observation des lunaisons en lien avec les menstruations féminines (les règles) afin de déterminer les moments propices à une liaison sans risque de grossesse…
On pourra me faire la remarque, et je me la fais moi-même, que cette propension aux activités inutiles n’est pas tellement caractéristique de l’humain que cela. Elle est certes caractéristique de l’intelligence : plus une espèce animale est intelligente plus elle se livrera à des activités biologiquement inutiles.
Ainsi les dauphins jouent, et certains singes notamment asiatiques semblent se livrer à des danses qui ne sont pas dictées par l’utilité d’attirer mâles ou femelles.
Mais le fait est que l’Humain est le seul être à prendre ces activités inutiles très au sérieux ! Pour preuve le statut social de ceux qui se livrent à des jeux.
Déjà le professeur de philosophie Jean-Jacques Wunenburger note le rôle prépondérant du jeu dans les sociétés humaines primitives via les jeux sacrés, c’est-à-dire l’ensemble des rites qui entourent les pratiques liturgiques (cf. « Le Sacré » aux éditions PUF Que sais-je ? n°1912) et décrit comment même « athéisés », dirais-je, ces jeux gardent un aspect sacré.
En effet, combien de délits (pouvant aller jusqu’au meurtre) commis autour de simples matches de football ? Et pour reparler du statut social privilégié de ceux qui accomplissent des jeux face à des spectateurs prenant cela très au sérieux, et bien ce statut est nettement plus élevé que celui qui dans la société remplit des fonctions directement utiles telles celle d’avoir la responsabilité de nourrir les 7 milliards d’individus vivant sur Terre.
Donc la caractéristique humaine est de faire de l’inutile et, plus encore, d’élever cet inutile au rang de chose extrêmement sérieuse ; plus sérieuse que l’utile même.
Foi et Raison, une critique du point de départ de Saint Thomas d'Aquin
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Alors tout d'abord il faut reconnaître les mérites de la démarche de Thomas d'Aquin: séparer la philosophie proprement dite et la théologie proprement dite. Il établit que la philosophie observe la Nature et ses manifestations et peut alors en arriver à Dieu, mais à un Dieu forcément différent de tout dogme. Tandis que la théologie part du Dieu du dogme et par là tente d'expliquer la Nature et ses manifestations.
En ce sens il ne se trompe pas. Mais, continuant sur sa lancée, et reprenant les catégories d'Aristote, il en vient à décréter que la Foi serait supérieure à l'Opinion et quasiment du même ordre de certitude que la Science. Personnellement, et à tout individu réflectif de notre époque, cela semble choquant et l'est. Car de toute évidence la Foi en tant que telle n'est qu'une opinion buttée, qui ne veut être discutée.
C'est que Thomas d'Aquin part d'Aristote. Et l'on sait le tort qu'Aristote, qu'un Aristote que l'on ne cherche pas à dépasser, a causé: c'est partant de l'aristotélicisme (et non de la Bible) que Galilée fut condamné pour ses théories astronomiques. C'est que Aristote est binaire: pour lui, en Science, il ne saurait avoir que du totalement faux ou du totalement vrai.
S'il était possible d'être binaire dans l'Antiquité, la science moderne, actuelle, nous prouve que la Science est aussi Opinion car dans maints domaines plusieurs théories toutes prouvables mathématiquement et rationnellement et en accord avec les modèles de bases admis généralement peuvent coexister parallèlement. Donc en adopter une plutôt qu'une autre est un choix de l'ordre de l'opinion et qui peut se discuter; doit même accepter d'être discutée à l'aune de la rationalité.
En ce sens, la Foi doit être relativisée au même titre que la science. D'ailleurs c'est bien connu: il n'y a pas 6 grandes fois (hindouisme, bouddhisme, judaïsme, christianisme, islam, animisme ou associationnisme) mais bien 7 milliards de nuances de Fois: une par individu sur Terre. Chacun admet une chose et pas l'autre, entend par un mot ou un concept ceci plutôt que cela.
Contre Saint Thomas d'Aquin et contre le Cardinal Ratzinger (pape Benoît XVI), je viens donc d'argumenter que la Foi est soumise au relativisme et pour rester saine doit en être totalement consciente!
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