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Un Ermite Urbain

Articles avec #heresies tag

Caricatures, comment penser le Blasphème pour un Croyant en Démocratie?

20 Octobre 2020 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dialogue, #foi, #hérésies, #interreligieux, #philosophie, #salut, #œuvres, #éthique

   On l'aura compris, je veux aborder ici la décapitation d'un professeur d'Histoire-Géo en France après qu'il ait consacré un cours à la une récente du Charlie Hebdo montrant des caricatures de Muhammad.

   D'abord notons que l'étude du Charlie Hebdo ne se trouve certainement pas dans le programme officiel de l'Enseignement Français pour le cours d'Histoire-Géographie. Donc ce prof sortait de son rôle.

   Ensuite, soyons clairs, nous sommes en démocratie, c'est-à-dire en Liberté de Débat. Et même le Coran ne va pas contre cette liberté de débat; aucune religion si on la comprend bien ne va contre la liberté de débat. Et, face au blasphème seul un débat peut l'emporter!

   Blasphémer est un acte d'incompréhension du blasphémateur envers une croyance. Si je l'injurie ou le menace physiquement, allant jusqu'à le tuer comme cela s'est passé ici, je ne réussirai à faire qu'une seule chose: l'endurcir lui et ceux qui pensent comme lui, les faire persévérer dans leur mauvaise voie car ils se sentiront persécutés.

   Or il y a un naturel humain "de gauche" ou "du cœur" à préférer le persécuté au persécuteur, sans qu'on se soucie de savoir de quel côté se trouve la raison.

   Face à quelqu'un qui blasphème la seule chose à faire est d'opposer non la violence persécutrice mais bien la Raison Argumentative, de telle sorte que si ce dialogue est refusé par le blasphémateur il en devienne lui-même ce qu'il est à la base: persécuteur et non plus persécuté!

   Par ailleurs un tel débat peut être profitable. Je ne dois pas penser à sauver ma dignité mais à sauver celui que je pense être dans l'erreur. C'est là la seule attitude digne de Dieu, le «Miséricordieux». Comme écrit dans la partie centrale de la Sourate La Lumière«ne vous vantez pas d'être Justes car vous ne l'êtes que pour avoir été pardonnés»!

   Les vraies problématiques avec les caricatures de tous types sont de deux ordres.

1.

   On nous dit «la caricature est typique de la culture française, elle date de la Révolution». Outre qu'elle n'est pas typiquement française, la caricature n'a jamais été employée pour autre chose que de propager des mensonges sur un groupe social ou un individu en particulier. On se souviendra ici des caricatures antisémites et des caricatures touchant aux personnes de la Famille Royale française. Des mensonges pour agiter le Peuple et le préparer à commettre maints délits meurtriers.

   En ce sens la caricature de presse est à la photographie de presse ce que le slogan est à l'éditorial.

2.

   Il faut bien admettre qu'il n'y a pas égalité dans la caricature et le blasphème. Ainsi on demande aux croyants (musulmans et chrétiens principalement) d'accepter que leur foi en fasse l'objet tout en interdisant d'user du blasphème et de la caricature contre des pans entiers de la population: juifs, homosexuels, francs-maçons, écologistes, noirs, etc.

   En ce sens la caricature de par sa pratique même rend caduque le second item de la Devise Républicaine Française: l'Égalité!

   Mais si être porteur de Foi est à ce prix, alors tant pis, soyons persécutés et ne devenons pas persécuteurs!

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Le débat entre Constantin et Arius n'était-il pas inutile?

4 Octobre 2020 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dogmes, #foi, #hérésies, #dialogue, #interreligieux, #œcuménique, #œcuménisme

   Tous les lecteurs de ce blog le savent, jusqu'ici je faisais grand cas d'un des points de l'arianisme qui me semblait important: la nature "véritable" du Christ, homme ou dieu?

   Ce n'est un point qui est devenu exacerbé et important aux yeux des Églises Catholiques Romaines et Protestantes qu'avec l'apparition de l'Islam qui admet Jésus comme Messie mais non comme Dieu. À notre époque de relance de la conversion mondiale tant par les protestants que par les catholiques romains (les orthodoxes étant beaucoup moins prosélytes) ce sujet revient sur le devant de la scène, cette fois non plus comme point de débat entre ariens et constantiniens mais entre chrétiens et musulmans.

   Néanmoins ce débat millénaire initié par Arius a-t-il, à la lecture des Prophètes (qui sont tous reconnus par l'Islam d'ailleurs), une réelle utilité?

   Si je lis le Prophète Ésaïe (ou Isaïe), en Es 9.5 on peut lire: Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on l'appellera Admirable-Conseiller, Dieu Tout-Puissant, Père éternel, Prince de la Paix.

   Donc, puisqu'il a été prophétisé grosso-modo un millénaire avant Constantin que Jésus-Christ serait appelé «Dieu», aller contre ce fait serait aller contre la prophétie et tout débat à ce sujet est clairement inutile sauf pour cadrer certains concepts.

   Cadrer par exemple le concept de «Marie mère de Dieu», un concept qui cette-fois divise catholiques romains et protestants; et non sans raisons. Car qui peut se dire "mère d'un dieu" sinon une déesse? D'où la dérive vers une Marie-Déesse déjà évoquée ici.

   Sur ce sujet on se reportera aux catéchismes chrétiens qui veulent que Jésus-Christ (Messie) soit «à la fois Vrai Homme et Vrai Dieu». S'il est "Vrai Homme" c'est bien pour être né de la Vierge Marie. Donc Marie est «mère du Christ»; et s'il est "Vrai Dieu" c'est bien non pas par nature génétique ou biologique (ce que ne comprennent pas toujours les musulmans lorsqu'on parle de "Fils de Dieu") mais bien pour avoir été conçu du Saint-Esprit, c'est à dire de "Dieu le Père".

   En dehors de cela, et dans l'absolu, il n'y a pas à être choqué d'entendre Jésus le Christ être qualifié de Dieu.

   Mais est-il «Dieu le Père fait chair» pour autant? Quels éléments nous permettent de répondre à cette question?

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Il y a une différence entre syncrétisme et fusion des contraires!

5 Août 2020 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dialogue, #dogmes, #foi, #hérésies, #interreligieux, #philosophie, #salut, #œuvres, #prédestination

L'émission juive de France 2 "À l'Origine" ("Berechit") a invité le Dimanche 26 Juillet 2020 le philosophe Franz-Olivier Giesbert (qui nous a prouvé qu'il y avait environ 7 milliards de vrais philosophes sur Terre). On y a parlé religion et même religions, Dieu et même dieux et déesses. Pas nouveau de la part de juifs comme je l'explique dans cette vidéo.

Cette vidéo, ce Prêche Pastoral, se base essentiellement sur la lecture d'abord globale de l'Ancien Testament (la compilation des rouleaux et livres du judaïsme), puis particulière car très porteuse de morale des deux Livres des Rois.

En effet, il s'agit d'édifier certes les juifs mais les chrétiens de toutes dénominations également. Et personnellement je trouve triste que la majorité des prêches et homélies qui se prononcent actuellement dans le monde chrétien n'aient pour base que des extraits du Nouveau Testament (un évangile généralement) et non plus comme nourriture principale un passage de l'AT (Ancien Testament) que pourtant nous avons conservé dans notre Bible.

C'est comme si on avait combattu le marcionisme en tant qu'hérésie, c'est-à-dire à l'époque par le feu et le fer, les flammes des bûchers et les épées, par pur principe alors qu'en fait en ne commentant que le NT (Nouveau Testament) nous lui donnons raison!

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Sortir de la culture New-Age pour devenir vraiment chrétien (à propos de la Vierge Noire)

5 Juillet 2020 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dogmes, #foi, #hérésies

Nossa Senhora de Aparecida

Nossa Senhora de Aparecida

   Comme commenté dans une vidéo précédente, à une certaine époque, vers 1978-années '80s, aux 10 ans de Mai '68-'69, suite au Concile Vatican II l'Église Catholique Romaine a connu un franc succès chez des gens plutôt New-Age (ou Néo-New-Age devrait-on dire); et ce succès ne se dément pas pour cette génération qui a connu son adolescence à cette époque.

   De fait, c'est lors du Concile Vatican II, alors pourtant qu'il s'agissait d'un concile à vocation œcuménique, que fut débattu un sujet plutôt loin d'être anecdotique. En effet si Jésus-Christ est "Dieu né du Vrai Dieu", alors Marie est "la Mère de Dieu"; or qui peut se dire mère de Dieu sinon ... une Déesse!

   Marie-Déesse, un statut qui se joua à vingt voix près lors de ce concile réunissant un peu plus de 2100 participants. Soit à 1% des voix exprimées!

   Cette situation devant forcément perdurer, la question devant forcément revenir sur le devant de la scène au prochain concile, voilà qui ne manque pas d'attirer à l'Église Romaine nombre de crypto-hindous, d'adeptes de Gaïa et autres Mères Divines.

   Ah, une déesse-mère et l'amour cosmique, rien de tel! Malheureusement pour ces Néo-New-Age, il faudrait peut-être que l'Église Romaine leur signale qu'il existe un livre contenant les enseignements du Christ donc du christianisme: la Bible et non la littérature ésotérique.

   Car tous ces Néo-New-Age, de par leur seul attrait pour la déesse-mère figure chrétienne alter-ego de la Shakti (Kali) hindouiste, n'en sortent pas vraiment très évangélisés.

   Ainsi ils confondent (fondent ensemble) dans une histoire commune toutes les figures de Marie, les vierges, à peaux noires, hors contextualisation nécessaire pour chacune d'elles.

   S'il est effectivement extraordinaire qu'un pays n'ayant pas pratiqué la colonisation ni l'esclavage des Africains, la Pologne donc, ait comme emblème à son christianisme La Vierge Noire; il est commun en Afrique Continentale de représenter Marie avec une peau noire tout comme il est commun de la représenter en Asie avec une peau jaune.

   Ce que je veux dire? Qu'on ne saurais comparer et confondre la Vierge Noire, seule à porter ce nom par ailleurs, de Pologne avec les différentes représentations statuaires d'une Sainte-Marie à peau noire provenant de pays ayant connus, eux, la colonisation et l'afflux massif d'une population africaine vouée à l'esclavage.

   Ainsi on ne saurait identifier la polonaise Vierge Noire avec Nossa Senhora de Aparecida (Notre-Dame d'Aparecida) ou de Guadeloupe...

   Leur historicité est belle et bien différente. Et d'ailleurs ces dernières ne sont jamais qualifiées par les populations locales de "Vierge Noire". Et si on veut se renseigner sur leurs historicités spécifiques je pense que le site des Archives du Vatican est bien mieux indiqué qu'une quelconque littérature New-Age certes plus abordable intellectuellement pour ces syncrétiques olé olé.

   Voilà qui est dit!

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De l'abus spirituel

11 Juin 2020 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dogmes, #foi, #hérésies, #salut, #éthique

L'abus spirituel est défini par l'Église Catholique Romaine (Vaticane donc) elle-même comme étant l'acte par lequel quelqu'un auto-proclame détenir la Vérité indiscutable hors textes bibliques et donc s'érige de ce fait entre Dieu et les hommes. Or n'est-ce pas ce que fait très exactement l'Église en tant qu'institution?

Enfin une petite note tout de même importante:

Si le terme «arianistes» est certes très présent dans la littérature Néo-New-Age; il est totalement absent du dictionnaire. Le dictionnaire utilise pour désigner les arianisants, les partisans de la doctrine d'Arius, le terme «ariens», avec "i" et non "y"; il s'agit effectivement du terme exact.

Pour savoir si vous lisez de la littérature informative sérieuse et non des fake news (New-Age), lisez donc bien s'il y est question d'ariens ou d'arianistes; de même s'il est question des «solstices» de printemps et d'automne, qui n'existent pas car ce sont des équinoxes à ces moments précis de l'année contrairement aux solstice d'été et d'hiver.

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Arius aujourd'hui...

21 Février 2020 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dogmes, #foi, #hérésies, #salut, #philosophie

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Jésus-Dieu: le Dogme chrétien à l'épreuve des Évangiles

29 Décembre 2019 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dogmes, #foi, #hérésies, #salut, #œcuménisme

Jésus-Dieu: le Dogme chrétien à l'épreuve des Évangiles

   S'il y a au moins des tas de choses que l'Église Catholique Apostolique Romaine à bien réalisées, il en est une malheureusement qui induit la perte de discernement logique de la part de la majorité des chrétiens du monde entier, puisque même les si Réformateurs protestants ont repris cette donnée dogmatique (chose d'hommes et non dictée par Dieu): Jésus est «Dieu né du Vrai Dieu», rien de plus rien de moins!

   C'est pourtant en nous plongeant dans les Écritures et dans les Évangiles que l'on découvre que si Jésus est bien le Christ (le Messie), il est néanmoins bien distinct de notre Père, Dieu!

   Ce qui explique, cette distorsion entre le Texte Parole de Dieu et le Dogme Parole d'Hommes, les nombreuses formules à la fois contradictoires, erratiques et aventureuses des églises chrétiennes lorsqu'elles parlent de Jésus.

   Ainsi à partir de Noël, on insiste sur l'humilité d'un "Dieu fait chair" mais qui néanmoins enfant se fait "Fils obéissant" et on arrive ainsi à Pâques où "le Fils se fait obéissant jusqu'à son propre sacrifice selon les ordres de Dieu le Père". Cela semble magnifique donc que Dieu s'obéisse à lui-même. Pardon mais là on nage en pleine schizophrénie divine, Dieu, Jah, est-il fumeur de joints?

   Et parmi les très nombreux éclaircissements que nous apporte la Bible sur la nature véritable de Jésus-Christ, justement la période de Pâques ne pourra pas passer à côté de ce texte:

   En l'évangile de Matthieu, c'est de Mt 26.36-42, et principalement de Mt 26.39,42 que je voudrais parler: Jésus prie son Père, le Messie prie Dieu, en ce termes: «Mon Père, si cette coupe ne peut être enlevée sans que je la boive, que ce soit ta volonté qui soit faite et non la mienne!».

   On voit bien là la distinction qui est faite entre Jésus et Dieu, et si elle est vraie dans ce passage, elle est vraie partout dans les Évangiles synoptiques canoniques choisis parmi les 60 évangiles de l'époque de Constantin Ier par ce dernier.

   Du coup non, je ne peux continuer à admettre le dogme humain commun aux catholiques, anglicans, orthodoxes, protestants, etc. qui voudrait que Jésus était "Dieu fait chair". «Le Verbe fait chair», cela tous les prophètes de l'Ancien Testament l'ont été, cela n'en fait pas des dieux pour autant, pourquoi penser différemment de Jésus, même si Jésus est bel et bien Messie; mais Messie ne veut pas dire Dieu...

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Je reconnais avoir péché... par honnêteté intellectuelle!

29 Décembre 2019 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dogmes, #foi, #hérésies, #philosophie, #salut, #œuvres, #éthique

«Je reconnais que j'ai péché», ce n'est pas qu'une simple phrase que l'on répète mécaniquement à l'entrée de la messe à l'église le dimanche matin. C'est une vérité pour nous tous et y compris pour moi-même qui ai certes péché, mais par pure volonté d'être honnête intellectuellement.

Un péché l'honnêteté intellectuelle? Parfois elle y oblige. En tout cas par rapport aux dogmes humains venus se greffer sur l'Évangile de Jésus le Christ (le Messie)...

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De la sexualité dans les Religions du Livre et dans le Christianisme

19 Décembre 2019 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dialogue, #dogmes, #hérésies, #interreligieux, #œcuménisme, #salut, #foi, #œuvres

   Voici la présentation d'une brochure abordant la manière dont fut et dont est encore traitée la sexualité dans les trois religions du Livre et plus particulièrement dans le christianisme.

   Sujet "honteux", "péché" absolu, cette façon d'aborder la sexualité est à l'origine d'une des hérésies les plus simples à comprendre: l'hérésie Cathare. Le seul mystère de cette hérésie réside en le pourquoi fut-elle autant combattue par l'Église Catholique Apostolique Romaine alors qu'elle n'était sommes-toute qu'un aboutissement de son propre dogme?

   Version eBook:

   Et version papier (attendez que le prix soit fixé à un peu moins de 4,00€, j'ai revu les prix à la baisse):

   https://www.amazon.fr/dp/1679178059

   Pour l'environnement, préférez la version électronique, merci.

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Satan, ange déchu ou ange promu?

11 Décembre 2019 , Rédigé par Philippe Le Bihan Publié dans #dogmes, #foi, #hérésies, #philosophie, #salut, #prédestination

   Dans les trois religions monothéistes le récit de la création de l’Humanité par Dieu ne laisse, semble-t-il, planer aucun doute. Iblis, du nom duquel l’Islam qui est la seule religion à le nommer, c’est-à-dire Satan, refuse d’admirer la créature de Dieu, l’homme, et pour cela est déchu du Paradis et est promis aux feux de l’enfer.

   Pourtant tout n’est pas si simple, ni dans les pratiques cultuelles et ni même dans les textes sacrés.

   D’abord dans les pratiques cultuelles, propres à chaque terreau culturel dans lequel se développe chacune des trois religions abrahamiques. En effet, prenons le christianisme. Il est communément admis par les chrétiens que ceux qui se seront livrés au mal dans leur vie terrestre « descendront » en Enfer pour ? Pour être châtié par Satan et ses démons, autres anges « déchus ».

   Bref, si textuellement on lit que Iblis a été déchu, cultuellement on admet qu’il règne sur les Enfers, que les démons, autres anges déchus, sont en quelque sorte les « matons », les gardiens, des prisonniers éternels de l’Enfer. Ce serait donc plutôt une forme de « promotion ». En effet : Dieu règne aux Cieux, Iblis règne aux Enfers !

   Cela ne se vérifie pas que dans le christianisme, mais aussi dans l’Islam où même si on a une autre vision de l’Enfer et de l’ordre qui y règne, on a une vision, en tout cas pour ceux qui se prétendent au plus près du texte sacré, le Coran, tout aussi dualiste des choses.

   Ainsi, tout comme dans le judaïsme primitif, un démon, donc un ange déchu, voire Iblis lui-même, peuvent à la suite d’une mauvaise action de ma part venir me tourmenter dans ma vie sur Terre, me « posséder » (vision commune d’ailleurs avec le catholicisme du Moyen-Âge). Et ce qui est perçu dans ce côté cultuel s’il est pratiqué, c’est que je ne suis pas « impur » car possédé mais bien possédé car impur !

   Dans l’Islam d’ailleurs les choses se compliquent : Allah peut décider de « jouer » avec le sort de ses créatures s’il lui en prend envie. C’est répété maintes fois dans le Coran que le destin de l’être humain est toujours entre les mains de Dieu.

   Mais il n’y a pas que le cultuel qui apporte cette dualité entre « déchu » et « promu », dans les textes sacrés aussi, même pris au pied de la lettre, cette dualité est introduite.

   Le premier exemple qui me vient en tête est le Livre de Job du judaïsme. Job, bien que juste et ne cessant de pratiquer assidûment ses devoirs religieux, se retrouve tourmenté par Satan ; atteint de malchance, de malheurs familiaux, de maladie, jusqu’à se retrouver dans un état de mourant. Comment est-ce possible ? Tout simplement, vision commune avec ce dont je parlais plus haut à propos de l’Islam, parce que Dieu l’a permis. Il l’a permis à qui ? À Satan lui-même qui est venu lui demander la permission d’éprouver la Foi de Job. Et cette entrevue a eu lieu où ? Au Paradis !

   Donc on voit, dans ce livre de Job, un Satan « déchu » ayant accès librement au Paradis pour aller débattre avec Dieu lui-même de la réalité ou non, de la solidité ou non, de la Foi d’un humain et pouvoir ensuite aller tourmenter cet humain.

   Bien entendu cela, en lien avec les pratiques cultuelles propres à chaque civilisation, permet de se poser la question « Dieu a-t-il déchu Satan et les démons ou bien les a-t-il promus ? ».

   Et bien que le sort de Satan semble scellé dans certains textes : il serait ainsi amené à disparaître, à être « désintégré » avec tous les pécheurs dans un grand feu qui les consumerait tous, si je prends une lecture littérale ; il n’en reste pas moins vrai que cela entre en contradiction avec ce qu’admettent les mêmes textes : le feu est éternel et chacun doit le subir éternellement, c’est-à-dire y brûler sans se consumer.

   Sur ce sujet je pense que le cogito n’en a pas fini de s’amuser : Satan a-t-il été déchu ? Mais alors pourquoi tant de pouvoirs sur l’Homme ? Satan aurait-il été promu ? Mais pourquoi lui qui n’a pas respecté la création divine ? Peut-être car en refusant de s’incliner, de s’agenouiller, devant l’être humain il obéissait ainsi à l’un des tous premiers commandements : « Tu n’adoreras que le Seigneur ton Dieu » ! Ou bien finalement, il a été les deux à la fois : libre de tourmenter les humains ici-bas, régnant sur les Enfers un temps puis, à la Fin des Temps, étant lui-même jeté dans les flammes éternelles avec ceux sur qui il croyait pouvoir régner à l’égal de Dieu ?

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